Si je savais
Assis auprès de l'âtre, le regard éperdu
Semble se souvenir dans les flammes bleutées
Que nous ne sommes rien sans les êtres aimés!
Que jamais sans amis, sans parents on ne sait
Ce que vivre veut dire se sentant délaissé!
Mais un jour on saura que l'on ne savait pas
Qu'il nous fallait grandir chaque jour à petits pas
Apprécier simplement le bonheur d'être là!
Ne pas cesser de croire à ce que l'on ne sait pas
La vie est toute tracée dans ce monde ici-bas!
Quelles que furent les chimères ou les instants de joie!
On ne sait toujours pas où en est notre moi!
On croit ce que l'on voit, on voit ce que l'on croit
Adulte on s'imagine que l'on a tous les droits!
On s'enflamme, on proteste, on s'écarte des lois
On vieillit, on s'incline, on ne marche plus très droit
C'est l'histoire de la vie qui nous dicte sa loi.
Les Vieux Amants
L'ombre du soir couvre la terre
La lune déploie son grand mystère
Les images et les sons se confondent
Dans le silence,les bruits se fondent.
Tout doucement le temps s'enfuit
Tout doucement le rêve prend vie
Seule la lumière de l'abat-jour
Berce les ombres dans ses détours!
Deux fines silhouettes entrelacées
Deux vieux amants aux yeux fanés
Aux doigts sculptés par les années
Serrent leurs mains toutes gercées!
En secret se rappelant leurs soupirs
Simples objets, photos souvenirs!
Le temps passé de leur jeunesse
Quand ils furent jeunes et plein d'ivresse
Laissons-les se conter leur bonheur
D'avoir su garder dans leur coeur
Une âme pure pleine de grandeur
Au crépuscule de leur candeur!
Ils s'abandonnent à leur tendresse
Dans la quiétude leur vieillesse
Leurs yeux pétillent encore d'amour,
Ils ne comptent plus les heures, les jours
Ils sont heureux dans leur chaumière
Comme ils sont beaux sous la lumière!
L'ombre du soir couvre la terre
Non! C'est la nuit il faut se taire...
Les vieux amants sont endormis
Tout doucement vers l'infini
Sous la lumière de l'abat-jour
Une autre vie verra le jour!
