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Poèmes Raymonde Verney
Site de Poésie Raymonde Verney

Poétesse

indécise, elle ausculte ses quatrains
cette strophe lui semble t-il s'amuse
et ces vers dont le regard se baisse sont sans entrain
cette poésie là fait rougir sa muse

ses vers reposent sous des quatrains ombragés
les phrases silencieuses méprisent la rime
la prose installe sa morgue déphasée
et mon tout est sans conteste une ruine

la poétesse, de rage, insulte sa famille
en premier les vers réagissent
ils hèlent les mots qui dînaient en ville
la muse effarée en oublie son rôle de muette

enfin ! la poésie clama son innocence
HOMERE sortit de sa tombe érudite
lut ce poème en grande instance
par la "vox populi" la scène fut publique

Feuille Eparse

Feuille dentelle, reflet d'ambre qui danse
Accostée par le vide, désordre factuel
Timide révérence aux saisons en transes
Dans un soir paisible elle outre sa cadence

Elle descend les meurtrissures du temps
Sans se presser elle défroisse sa robe usée
Elle est en retard, cette petite feuille, sur l'horaire d'été
Déjà ses compagnes ont rejoint la galaxie du vent

Elle s'étourdit un peu, happée par la course
Elle étanche sa soif d'une goutte de pluie
Elle observe les étoiles qui se vêtent de tulle orangée
La nuit la presse de rejoindre la source

Le pavé où gisent les feuilles délaissées
Mais la petite chose a décidé de se réincarner
Elle supplie une branche de la réintégrer
Dans l'arbre chevelu, la branche dans ses bras la prit
Et berça sa destinée

Epilogue :
Jamais plus la petite feuille ne tombera
Elle est à présent la doyenne de l'arbre chevelu

Le bal des envieux

Le soir vint me porter une missive
Fébrile, je lus l'en-tête du bal des envieux
On me conviait à une nuit folle aux rites sourcilleux
Sur une note d'oubli dans l'ombre je me glisse

Eblouie par une lumière distillée en apnée
Des regards verts me toisèrent, ébauche de maux
Je fus saluée, jalousée, sur un escabeau oubliée
Les heures serinées à l'horloge emphatique

Me virent valser au son d'un tango
On s'esclaffa, je récidivai opiniâtre et désoeuvrée
Pitié ou confusion on m'invita sur un air désabusé
Nous fîmes cohésion, l'orchestre sidéré se mit au trot

Le bal des envieux marqua ma destinée
Le monde s'éprit de moi, épique marivaudage
Un carton égaré, mon esprit hantant les parages
L'erreur fut occultée et tous les ans habilement rééditée

Carnaval

Equinoxe de rondes, entrelacs, filles sans joie grimées
Carnaval songeur apocryphe, apôtre des menteurs
Grimace des ombres, hymnes aux accents séducteurs
Retour au paganisme, épisodes effrénés

Indécence des mours ébréchées, sonate débridée
Valsez, folles dentelles, jupons aux airs tentants
Marquise aux yeux de page, songez à l'intention
D'assumer le naufrage d'un galant énamouré

Carnaval, vieux, sans âge, épique passion
Encercle les rives sacrées des vierges stupides
Caresse la veuve frigide, veille l'émotion
D'un amour doucereux simulacre d'inconduite

Luxure et ivresse, rendez-vous au bistrot éphémère
La porte évince l'ébriété des sols gisants et insomniaques
L'aube en retrait guette les figurines d'hier
Retour fiévreux, bâillements de l'horloge asymétrique

Emmenez-moi

Vers une transhumance amoureuse
Rivages parsemés de fleurs indécentes
Itinérance des sens déflorant la morale
Barbon flétri par un ennui médiéval

Vers un océan palmé d'intentions oisives
Sur les dunes exulter les brisants de l'amour
Versifier l'inconnu, décliner le désir
Sur un mode insatiable et lascif

Vers des rédemptions compilées
Où l'esprit égare ses mots Fugueurs
Apnée qui sonde le verbe aimer
Et s'endort sur un poème éphémère

Vers une planète neuve URANUS
Habitante exclusive mitoyenne du ciel
Je feuillerai le livre des astres avec zèle
La lumière créditera ma visite intruse

La vieille clé

Le soir blêmit le séjour des meubles
Dissipée la clarté disparaît hâtive
Mon regard hypnotise le vide, fatigue
Somnolence virtuelle, mes yeux se cillent

Soudain ! Craquement de bois, froissement ténu
La doyenne des commodes son âge accentue
Elle geint, une serrure bleue m'attentionne
Suave et en dentelles elle soliloque timide

Cette serrure divague ma passion : une clé vite !
Fouillant des tiroirs réticents je vois les rives éternelles
Une clé vieille tordue accepte de faxer l'alternative
La commode grincheuse s'ouvre happant mes doigts

Assise je fouille des secrets d'inimitié, d'alcôve
Lettres fuyantes, amours décloisonnées, mes aïeux
Voltige des ans où s'effritent les serments de l'avent
Eprise de ces épîtres je me perds dans la nuit qui vient

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