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Poèmes de Martin

Vieillesse ennemie

Elle relève la tête et le flot s'est tari
La rage dans ses yeux a remplacé les larmes
Colère d'être trahie par un fidèle ami
Qui était tout pour elle et lâchement la désarme

D'un geste de dépit elle crache sur le miroir
"Tu m'abandonnes déjà, et ton reflet m'agace !"
Les gouttes de salive tombent et se laissent choir
Le miroir ne dit rien, et il reste de glace

Elle finit par se voir, la marque de vieillesse
fait se plisser son front quand ses lèvres se serrent
Malgré tous ses efforts les rides apparaissent
Et marquent un certain âge, par delà les paupières

La couleur de sa peau s'éclaircit peu à peu
et elle hait son reflet, ce corps qui est le sien
Qui comme toutes les femmes à son tour devient vieux
devant un grand miroir qui, comme elle, est sans teint.

Lorsqu'elle était plus jeune, les hommes la courtisaient
Elle semait la folie dans le cœur de chaque mâle
Qui la voyait un jour au détour d'un chemin
Et elle aimait son corps son atout principal

Mais quel homme se retourne, alors, sur le passage
D'une dame au dos courbé, dont les cheveux sont gris
Séduction et Vieillesse ne font pas bon ménage
Les hommes ne courtisent plus les femmes en fin de vie.

Le temps est bien cruel, les années passent vite
Et les femmes profitent peu de leur douce beauté
Mais à un certain âge, les miroirs les invitent
Et il leur faut alors réapprendre à s'aimer

Première fois

Le regard un peu vide et tourné vers son lit
Sans vraiment trop le voir car ses pensées sont autres
Elle repense à cet homme qui y a dormi
Et parti au matin en la laissant tout autre

Sa vie n'est plus la même à présent que ses draps
Sont défaits et témoins d'un changement capital
Le souvenir est là accroché au matelas
Et dans sa tête elle pleure et son corps se sent sale

Elle se sent femme aussi, mais aurait bien aimé
Passer moins brusquement dans l'âge des adultes
Un regard de reproche lancé par l'oreiller
La fait se détester elle se frappe elle s'insulte

Faut-il tout raconter à sa propre famille
Se mentir à soi-même, cacher ses sentiments
Ou bien avouer fièrement que du statut de fille
Elle est passée à femme en une nuit seulement ?

Femme nouvelle, hisse fièrement ce tout nouveau drapeau
Tu es ce que tu es tu vis ta propre vie
Et n'aie plus jamais honte de ton choix le plus beau
Tu fais taire l'oreiller, et reborde le lit.

Le dernier pas

Perché sur un tabouret à ressasser mes souvenirs
Elle m'a tout pris et rien laissé
Me laissant seul et délaissé
Jetant un voile sur mon avenir

Les gouttes de mes larmes à présent se déposent
Sur mes joues et mon cœur blessés
En la complainte d'un damné
qui s'est piqué à la rose

Ayant eu le malheur de croire encore un peu
Que tout n'était pas terminé
La vérité m'a bousculé
Et m'a soudain crevé les yeux

Que la corde à mon cou devienne pénitence
Et qu'elle punisse ma naiveté
qu'elle me châtie d'avoir aimé
Et espéré une romance

En dernier instant je me livre
et espère être pardonné
un pas en avant me délivre
d'un amour sans être aimé.

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