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Poèmes de Fred

Anywhere

La famille est un édifice
Dont le sommet se fait plus lourd
Chaque fois que l'un de ses fils
Tombe à la tristesse du jour.

O chers parents et grands-parents
Qui dormaient sous quels autres cieux,
Entendez-vous le froid torrent
Des pleurs de ceux campant ses lieux ?

Amis, voisins et toutes âmes,
Partis trop tôt vers un ailleurs,
Il n'est pour nous aucun dictame
Qui adoucisse nos douleurs.

Et quand à nous l'heure dernière,
L'ultime souffle en l'existence,
Trouverons-nous quelqu'un derrière
Le voile doux de l'espérance ?

(11 novembre 2008)

L'amour

L'amour ne s'achète pas au kilo,
Tout comme les pommes et les patates.
Il ne se vend pas au mètre, au rouleau,
Ou à la bouteille comme l'eau plate.

L'amour, le seul, le vrai n'a pas de prix.
Déçu, on ne peut le mettre aux enchères.
Tout individu qui se voit épris,
Ne peut estimer combien il est cher.

On dit de lui qu'il peut durer toujours,
Quand bien même on ne l'a connu qu'un jour,
Et cependant il demeure fragile,

Sitôt qu'on lui pose des conditions.
Car en aimant sans plus de précautions,
Il devient un colosse aux pieds d'argile.

(20 septembre 2008)

Le Hasard

Si il est un chemin des lignes de la main,
Où se croise et se coupe en des points spécifiques,
Un destin tout entier, dans la paume, un demain,
En ce creux, un secret, un étrange trafic;

Si rien n'est au hasard, si tel un parchemin,
Une carte du monde, un plan géographique,
Tout est écrit d'avance, à quoi bon être humain
Et vivoter sa vie à titre honorifique ?

ô délicieux hasard, ô douce incertitude !
Je me suis pris au piège à force d'habitude.
Je ne veux rien savoir du fil de mon histoire,

Du bois, des jours prochains. Je conchie le destin.
Je veux tenter ma chance, aveugle et plein d'espoir,
Dévorer l'existence en un copieux festin.

(23 avril 2008)

Sonnet sans prétention

Un tout petit sonnet pas du tout prétentieux
Pour faire un bout de rime en ce matin charmant.
De doux alexandrins qui de leurs pieds gracieux
Iront trouver ton cœur sur un chemin aimant.

Le vers ne coupe pas quand il est silencieux.
Le poème est ami quand on aime vraiment.
Et toi qui es ma muse en ton front délicieux,
A pleines mains tu peux le saisir tendrement.

Deux quatrains, deux tercets c'est bien peu mon aimée,
Quand bien même le verbe est sincère et rimé,
Pour louer ta beauté et te porter aux nues.

Mais c'est le moins que puisse un amoureux transi
Quelconque en son habit, modeste en sa tenue
De poser à tes pieds, un brin de poésie.

(12 novembre 2008)

La Mesure

J'ai beau trouver parfois la force qu'il me faut
Pour maudire cent fois ton image et ton nom,
Tempêter contre toi de cents coups de canon,
Et te mener tout droit au pied de l'échafaud;

J'ai beau chercher en moi ce qui me fait défaut
Pour cent fois te haïr et me jurer, crénom !
Que cent fois plus jamais, je ne serai plus, non,
Si bête à démêler ce qui est vrai du faux;

Cent fois bien plus je t'aime et cent fois plus t'adore,
Cent fois bien plus je saigne et ton blason redore !
Ainsi mille regrets me chargent nuit et jour,

Que je fais les cent pas et vivrais mille vies,
Que je ne pourrais pas épuiser cette envie
De vivre auprès de toi et de t'aimer toujours.

(1er novembre 2007)

La Place

La minute nourrie de son poids en secondes,
Puis l'heure qui la suit de son poids en minutes,
La journée rassasiée de ces heures abruptes,
Fait que mon cœur en poids, lui-même surabonde.

La semaine étirée en journées infécondes
Et le mois allongé par ces semaines brutes,
Cette année distendue par ces mois qui se butent,
A tréfiler mon âme en pensées vagabondes,

Font que je sais ta place en ma vie et ce monde,
Où la Terre en sa forme, est par toi bien plus ronde.
Mais cette place vide, il n'est plus que souffrance,

Et en mon être las demeure un trou béant,
Plus vaste qu'un désert, plus grand qu'un océan,
Que rien ne peut combler si ce n'est ta présence.

(2 novembre 2007)

Le Temps

Je ne rattraperai pas mes erreurs,
Ce sont elles qui me rattraperont.
Et quoi que je fasse, je suis marron,
Je vais te perdre et c'est là ma terreur.

Le temps qui passe est un damné coureur.
C'est un pur sang et moi un percheron.
Il m'attend déjà, là sur le perron
Exhibant haut la coupe du vainqueur.

Car c'est le temps qui dresse le devis.
Lui qui se charge de changer nos vies.
Il impose conditions et délais,

Les durées et latences de nos rêves,
Quand brutalement d'un geste, il achève
Le lien éternel auquel on croyait.

(5 juin 2007)

Trouble

Elle a je ne sais quoi mais elle a quelque chose,
Quelque chose d'unique et d'indéfinissable.
C'est dans sa façon d'être, un truc insaisissable
Qui me donne l'envie de la couvrir de roses.

Elle a ce petit rien qui la rend si grandiose,
Me renvoie si petit, presque méconnaissable.
Elle a ce léger plus pourtant indispensable
Qui me la fait précieuse en tout état de cause.

Pourtant, je dois calmer cet élan qui me touche,
Et d'effleurer sa main et d'embrasser sa bouche,
Car de ses yeux si doux vient mon exaltation,

Et d'où nait le désir meurt aussi la raison.
Puis quelle que soit l'ardeur, il n'est point d'oraison
Qui mue l'indifférence en la folle passion.

(30 octobre 2008)

Conflit d'intérêt

Amour tu as mon cœur, amour tu prends ma tête,
Mais quand en mon crâne est la fée lucidité,
Je vois pertinemment que ma passion s'entête ;
Je sais évidemment que je dois m'arrêter ;

Aussi belle sois-tu, c'est à l'œil qui te guette
Que je dis promptement de ne point insister.
Si prenante sois-tu, l'oreille que je prête,
Je la prie rondement de ne plus t'écouter.

Ainsi, mon cœur, ma tête ont un fâcheux conflit
Qui renvoie mon sommeil et me prend en ses plis.
Alors pour être en paix, que veux-tu que j'y fasse,

Je reste dans mon coin ou le plus loin possible,
Afin que le temps œuvre et en partie t'efface
Pour que de cet élan, je ne sois plus la cible.

(22 novembre 2008)

Les Mois

Un à un passent les mois
Qui se placent entre nous.
Je les compte sur mes doigts
Et je n'en vois pas le bout.

Tu me manques quelquefois,
Bien souvent je te l'avoue
Et pleure en pensant à toi,
Dans ces mois de rien du tout.

Lors je dis pauvre de moi
Qui travaille à mon émoi.
Lors je dis pauvre de nous

Qui avons perdu la foi,
Qui des mois creusons un trou,
Si profond qu'il y fait froid.

(16 mars 2008)

Le Renoncement

Il me faut renoncer à contempler l'iris
De tes yeux. Ta bouche je l'aime et l'aime tant...
Tes douces mains, comme s'en vient le doux printemps.
Il me faut renoncer à contempler l'iris...

...et ta froide beauté. Puis ta peau de soleil,
Ta ligne délicate et tes pieds de déesse,
Ce curieux tatouage au-dessus de tes fesses,
L'elfe à ton épaule, qui te souffle à l'oreille.

Abandonner au temps le délicieux parfum
De ce corps idéal. La nuque dont j'ai faim,
Où naissent mes désirs que cèlent tes cheveux...

...tes cheveux longs, si longs. Il faut y renoncer
A y passer mes doigts.
Et laisser au passé
Ce qui ne passe pas ou l'iris de tes yeux...

(20 août 2007)

L'Obsolète

Ainsi dois-je laisser, les choses se finir.
Ce passé qui, têtu, voudrait s'éterniser,
A fouiller ses reliques pour y dénicher
Des symboles d'après, des lambeaux d'avenir.

J'ai vu le vent tourner et l'écart se creuser,
Insidieusement, s'installer le souvenir,
Le bon temps s'assombrir et l'orage approcher,
Mais il était trop tard, trop tard pour revenir.

Adieu mon bel amour puisqu'il faut te quitter.
D'un faible pas, je pars me perdre en ta mémoire.
Obsolète aujourd'hui, j'appartiens à l'histoire,

Et n'ai plus à tes yeux, ce goût d'éternité.
A la fourche des pleurs, des regrets et soupirs
Tu croiseras mon âme en un vague zéphyr.

(20 aût 2007)

L'un sans l'autre

La force de Samson était en ses cheveux.
Moi, c'est ta compagnie qui porte mon courage.
Avec toi, je peux tout, et tout ce que je veux,
L'obtenir grâce à toi qui décuples ma rage.

La faiblesse d'Achille était en son talon.
Moi, elle est en mon cœur lorsque tu n'es pas là.
Je tourne sans raison, je trouve le temps long
Et me sens misérable ou tel un cancrelat.

Ainsi tout m'est possible au feu de ton amour.
Ainsi, je ne puis rien en manque de mamours.
Que peut donc un poète en l'absence de muse

Et que serait la rose en l'absence d'épines.
L'un deviendrait pantin qu'un bout de rime amuse
Et l'autre une fleurette effacée qu'on piétine.

(12 mai 2009)

Transport en commun

Tu m'aimes, je t'aime et nous nous aimons tous deux.
Conjugués au présent, l'amour sonne bien mieux.
Une étoile filante et nous faisons un vœu.
Que cet amour nous porte quand nous serons vieux.

Sur l'oreiller du soir, se font les doux aveux
Et les mots prononcés le sont du bout des yeux.
Les draps ont la mémoire et nous avons les jeux
Qu'enfante la romance en la nuit par ces lieux.

Quand le cœur est le même et le pas harmonieux
Le plus violent orage a un ton mélodieux.
Il ne reste dés lors qu'au chas des jours heureux

A passer notre lien et à vivre amoureux,
Car tu es en mon sein comme l'ange est aux cieux
Et je suis dans le tien aussi cher et précieux.

(26 juin 2009)

Conte Défait

Lève le sort, je t'en supplie, lève le sort !
Pose sur mes lèvres le plus doux des baisers.
Je ne suis qu'un crapaud qui cherche son essor
Dans un monde où le conte à vivre est malaisé.

La méchante sorcière est pleine de ressort
Et la marraine fée doit être indisposée.
Il n'y a plus que toi, ma princesse consort
Pour me rendre à nouveau ma forme et mon phrasé.

Je te promets alors de tuer tous les dragons
Qui me feraient obstacles jusqu'à ton balcon.
Là, je t'embrasserai et Belle nous irons

Nous endormir tous deux dans un profond sommeil,
Puis faire de l'amour pour un siècle environ
Et de nombreux enfants comme autant de soleils.

(27 avril 2009)

Dessine-moi un sourire

Dessine-moi un sourire et je t'aimerai.
Croque-moi l'avenir de nous deux, mon amour.
Crayonne et je promets de suivre tous tes traits,
Le chemin de ta main jusqu'au bout de mes jours.

Redessine mon cœur et mets-y des couleurs
Par-dessus tout le gris où se frotte ma vie.
Sauve-moi du passé, de l'éteint de mes heures
Et nuance mon âme au gré de tes envies.

J'ai besoin de renaitre au soin de tes pinceaux,
Que tu reprennes mie l'ensemble du tableau.
Sans ton secours, j'ai peur de pâlir avec l'âge,

De n'être qu'une esquisse, une ébauche, un brouillon
De celui que je suis et qui vaut davantage
Pour peu que tu sois là et lui donnes le ton.

(14 décembre 2009)

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