Prise de conscience
Le regard de l'autre
Qui sur moi se pose
Me remet en cause
Je ne suis plus qu'une ombre
L'ombre d'un corps fané
Qui cent fois s'est donné
Aux hommes respectés
De leurs épouses, lassés
Laissant l'amer goût
De ce que j'avoue
Ne pas aimer du tout
En moi, plus que moi-même
Même si leurs fantasmes
A damné leurs âmes,
M'ont fait rire aux larmes
Maudits soient ces instants
Tant de sueur, trop,
Ont noyé ma peau
De jeunes, de pas beaux
Criant « c'est bon maman »
Maman j'ai passé
Des nuits à chasser
Cette réalité
Mais mes mains sont trop pleines
Pleines d'argent honteux
Ce qui est trop peu
Que puis-je faire de mieux
Que ce que j'ai appris
Prise dès mon enfance
Par les gestes tendres
De ce père étrange
Me prouvant son amour
Amour que je vends
En besoin pressant
Vivant ce tourment
Si morte depuis longtemps
Temps qui s'est perdu
A grand coups de massue
Cette vie corrompue
Qui me regarde en face
Face qui me répugne
Je pars pour la lune
Adieu l'amertume
De ce monde nocturne.
Estelle
Juste un instant
Prendre le temps
Comme des amants
Que des « je t'aime »
Comme un poème
Et sur mes lèvres
Tes lèvres douces
Tes mains me touchent
Je deviens source
Autour de moi
Entour tes bras
Oui aime-moi
D'un beau discours
Fais moi la cour
Fais moi l'amour
Dans la tendresse
Sans la sagesse
Mon rêve ne cesse
De s'agrandir
Viens m'envahir
Pour te sentir
Sois jamais las
De nos ébats
Chuchote tout bas
Que t'aimes l'effet
Que mon corps fait
Sous ton effet
Mon hidalgo
Comme un fléau
Nage dans mes eaux
Montre-toi grand
Surtout pendant
Ce grand moment
Où tu demeures
Sème ta chaleur
En grand seigneur
Fais moi frémir
J'aime pas mentir
Je veux revivre
Juste un instant
Comme des amants
Sans faire semblant.
Estelle
Triste Novembre
Nous entrons dans la période de l'année particulièrement propice aux syndromes liés à cette phylantropie fulgurante, où le moindre geste de compassion semble se révéler plus valeureux.
Faute, sans doute, à l'odeur des marrons, l'effluve du vin tout aussi chaud et à la chaleur des formes lumineuses ornant nos façades et rappelant une lointaine nativité.
Malheureusement, cette empathie soudaine s'avère éphémère et disparait généralement après les festivités. Un peu comme si le prolétaire bénéficiait d'une hybernation estivale, afin de revenir plus nécessiteux et errant en periode hivernale.
Nous, atteints une enième fois de notre adorable virus, arborerons fièrement notre vaporeuse émotion et la mettrons généreusement à leur disposition.
Estelle
