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Au bord de l'Oubangui

Installé sous un manguier, bien à l'abri du soleil,
Je contemple l'activité de l'Oubangui
Où des pirogues vont et viennent de Bangui
Sous un soleil de plomb en plein éveil.

De ma place, j'admire les commerçants et pêcheurs
Faisant dériver leurs pirogues pour un instant de bonheur
Avant d'affronter le courant tumultueux,
Difficile à combattre sans efforts rigoureux.

Quelle Admiration
De voir jeunes et vieux
Maniant avec aisance leurs embarcations
Alors qu'un faux mouvement pourrait leur être fatal
Pour chavirer dans ce fleuve ancestral
Puissant et majestueux.

Quel splendide spectacle
Qu'offre ce fleuve
Malgré les obstacles
Que peut contenir ce gigantesque fleuve.

Marc CUEFF

AMIENS, le 9 novembre 2003

Soldats de la Paix

Combien d'obus sont tombés et de mines ont été posées sur cette terre meurtrie ?
Combien de blessés et de morts ont été recensés parmi la population appauvrie ?
Combien de veuves et d'orphelins cherchent encore leurs repères ?
Combien de temps faudra-t-il pour effacer les atrocités de la guerre ?

Alors!soldat de la paix, sous l'égide de la multi nationalité,
Selon les accords, conventions et chartres, il arrive en toute neutralité
Vers une population désouvrée et marquée dans sa chair
Mais prête à reconstruire son pays qui lui est si cher
Où vivent différentes entités qui ont perdu de part et d'autres des êtres chers.

Accueilli en libérateur, il rétablit l'ordre sans pour autant faire de l'ingérence.
Son acte humanitaire restera à jamais dans le cour d'un peuple dont la souffrance
A été si rude que le soldat de la paix tirera sa révérence,
Qu'après avoir pansé les plaies profondes, pour lui laisser un avenir plein d'espérance.

Marc CUEFF

Entre toi et moi

Oui ! La différence existe entre nous.
Elle est omniprésente dans ton quotidien
Mais tu ne te plains de rien.
Cependant ton mode de vie, pour nous,
Ne nous laisse pas indifférent
Bien que le nôtre soit si apparent.

Oui ! Vivant dans une société de consommation
Je dois avouer que ce n'est pas le cas pour toi,
Qui doit constamment avoir la foi
Pour ne pas sombrer dans la désolation.

Oui ! Pour toi, au journalier c’est de savoir
Ce qu'il va se passer au lendemain.
Heureusement, le manioc, pain de chaque jour,
Nourriture de base, tu le pétries dans tes mains,
Avec joie, cela te permet de ne pas avoir
A mendier et de rester digne jour après jour.

Oui ! Le temps passe et ne se ressemble pas
Ta précarité s’estompe petit à petit
Grâce à plusieurs étapes, qui arrivent petit à petit
Du monde extérieur mais à petit pas.

Marc CUEFF

Petite chatte

Un jour de Toussaint nous t’avons découverte.
Tu n’étais alors qu’un chaton, abandonné, en enfer
Dans une grange, parmi une meule de paille.
Nous étions si heureux de cette trouvaille.

Tu avais à peine quelques jours et ton regard
Nous a fait comprendre, à notre égard
Que nous étions en présence d’une grâce féline;
Toi, petite chatte aux manières câlines.

Famille des félins, tu avais le pelage soyeux
Gris marbré, de race Européenne mais tes yeux
Pleins de malices, nous faisaient craquer,
A te laisser jouer, comme une folle, sur le parquet.

Tu étais si attirante même avec ton air sauvage,
Mais ! Un jour, tu nous as quittés et nos visages
Se sont attristés. Aujourd’hui, ton absence
Laisse un vide voire même un silence.

Marc CUEFF

Les Oubliés

Qui sont-ils ces enfants du centre ville ?
Sont-ils abandonnés ?
Sont-ils nés sous une mauvaise étoile ?

En mission ou en tourisme dans cette ville
Je les observe et en moi naît
Une envie de peindre la scène sur une toile.

Ils sont là, plus d'une dizaine, mendiant dans les rues ?
Ces miséreux dont on ne peut déterminer l'âge.
Mais certains, très jeunes, parcourent les avenues
Depuis quelques années, cela se remarque sur leur visage.

Leur principal souci est de rechercher de la nourriture,
Accostant les passants qui parfois les ignorent,
Continuant leur chemin sans même leur dire un mot gentil.
Pour obtenir cette aumône, il en faut de la patience !

Ils dorment à la belle étoile et en guise de couverture,
Des cartons les protègent jusqu'à l'aurore,
La brosse à dents est remplacée par une brindille,
C'est toute une science !

Des haillons cachent à peine leur corps
Ils vivent dans une indifférence totale
Leur présence ne se remarque point !

Ces malheureux regroupés au rond-point
Me font pitié car leur destin est fatal,
Une mort précoce est prévisible pour un tel sort.

Marc CUEFF

AMIENS, le 20 novembre 2002

L'accident

Un matin, sur une route départementale
La vie fut fatale
Pour un conducteur
Qui n'a point respecté la loi avec rigueur !

Déjà handicapé,
Impossible de l'extirper
De cet accident insoutenable,
C'est encore une image abominable.

Meurtri par la vie
Il me raconta son passé,
Avec des mots censés.

Luttant contre la mort
Son visage était livide,
Et, tout d'un coup : un vide,
Un silence, pas un mot, pas un remord.

Coincé au volant de son véhicule,
Je l'ai accompagné jusqu'à son dernier souffle,
En lui tenant la main,
Sachant qu'il n' y aurait pas de lendemain.

Dure épreuve pour ce jeune gendarme
Qui l'a accompagné en arme
Jusqu'à sa dernière épreuve
Et, une pensée pour sa veuve.

Marc CUEFF

A ma mère

Maman ! Toi, qui m'a donné la vie,
Il y a plus d'une quarantaine d'années,
Tu m'as quitté sans donner vie
Le jour de la fête des mères ; et, mon envie
Aujourd'hui, c'est de te dire :

Maman ! Je t'aime très fort
Maman ! je t'aime de tout mon cour
Maman : je ne t'oublierai jamais.

Maman ! Toi, qui veille encore sur moi,
Protège-moi ! des maux de la vie,
Comme tu l'as fait, pour moi,
Tout au long de ton existence de vie.

Bien des malheurs se sont abattus
Sous notre toit, tu t'es battue
Contre les embûches de la vie quotidienne,
Et tu es restée ma gardienne.

Maman ! Toi, qui a su me comprendre
J'ai aussi su, écouter tes recommandations
Qui m'ont permis de rester, d'apprendre
Les règles de la vie, sans appréhension.

Maman ! Tu as été une merveilleuse mère ;
Je te dis : « merci, pour tous ces repères. »
Alors ! Maman, je ne peux plus me taire,
Pour te dire :

Je t'aime très fort
Je t'aime de tout mon cour
Je ne t'oublierai jamais.

Ami, si ta maman est pleine de vie
N'hésite pas à la choyer, car une absence de vie
Se fait ressentir, éternellement, dans la vie.

Marc CUEFF

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