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Tourments

Toujours en quête de jouissances nouvelles
Mon cœur, sensible au charme de la beauté,
Avide de conquête et de volupté,
Refuse le martyr et vit en rebelle

Jadis consentant, mon esprit se révolte
Mon âme endormie, soudain se réveille
Tous deux refusent ce qui était la veille
Des plaisirs anodins que le vent emporte

L’esprit n’a point d’impact sur un cœur tourmenté
Sourd aux conseils et comptant sur la clémence
Tous les arguments que la raison avance
Sont minimisés et vivement rejetés

L’âme torturée par la débauche du coeur
Craignant pour le corps l’enfer et la souffrance
Réclame la chasteté et l’abstinence
Invoquant souvent la morale et la pudeur

Esclave du désir, de beautés, de rêves,
D’illusions, de menus plaisirs et d’ivresse,
L’homme traîne ses vices et ses faiblesses
Dédaignant toujours que sa vie ne s’achève

Cependant, nous savons que nul n’est immortel
La mort pour nous tous est le seul héritage
Nul n’est exempté de faire le voyage
Vers le vieux monde des mystères éternels

Adam - 2003

Adorer et mourir

Que d’espoirs et de rêves créés par nos désirs !
Tout ce que nous aimons : amour, gloire et plaisirs,
Ne naissent que pour éclore, se faner et périr.
Les humains sont-ils nés pour rêver et souffrir ?

Que de tristesse cachée sous un jour de bonheur,
Germe, pousse, s’épanouit tout au fond du cœur,
Et de ses fruits amers le nourrit de douleurs !
Les humains sont-ils nés pour subir le martyre ?

Liesses, plaisirs, volupté et ravissement
S’évanouissent. Regrets, larmes et gémissements,
Règnent désormais sur le trône des sentiments.
Les humains sont-ils faits pour pleurer et gémir ?

Ils vivront à jamais en esclaves innés
De leurs sens ou de Dieu, telle est leur destinée.
La mission des humains depuis qu’Adam est né
Est de vivre, de lutter, d’adorer et mourir.

Adam - 16/03/2006

La vieille star

A travers ses lunettes, dans l'album parfumé,
La star vieillissante que le passé enchaîne
Voit défiler ses jours chargés de lourdes peines,
Et d'instants de bonheur partis tels des fumées.

Souvent la magie des images contemplées
L'emmène sur les ondes de rêveries étranges
Là où les spectateurs l'adorant tel un ange
S'envoûtaient sous l'effet de ses charmants couplets

Là où les fans déchaînés criaient à tue-tête
Et scandaient avec elle les paroles des amants.
Là où l'écho bruyant des applaudissements
haussaient sa gloire immense qui atteignit le faîte.

Une larme venant d'éclore glisse dans l'ornière
Creusée par la charrue des années écoulées,
S'emmêlant à l'haleine des soupirs refoulés.
Accouple sa tristesse au bonheur d'hier.

Les journées sont longues pour les âmes errantes
Parmi les cendres froids des amours raffinés
Fouinant dans les ruines des plaisirs calcinés
Les empreintes laissées par les soirées vibrantes.

Adam - 09/08/2006

L'ombre du passé

Aide-moi à brûler les languides débris
Des amours d'autrefois dont mon coeur s'est épris.
Je veux oublier mes folies et mes ivresses,
Ne garder dans mon coeur que les fleurs de tristesse,

Les sentir grandir et de leur odeur cruelle,
Etouffer le désir de tout plaisir charnel
O souvenirs brûlants des amours embrasés,
Des passions comblées, d'étreintes et de baisers !

Mon crâne, miroir brouillé au mille facettes,
Garde en profondeur, toutes les tristes fêtes,
Les soirées d'orgies, de plaisirs et de démence,
Les bribes d'une vie, séance après séance,

Ombres du passé languissantes dans le noir,
Se cachant le matin et surgissant le soir,
Tels d'étranges fantômes de jolies sorcières
Dansant dans mon crâne, sous un flot de lumière.

Des héroïnes déchues sur des scènes flottantes
Deux amants déchaînés. Volupté harcelante.
Oh ! qu'il est triste de porter un crâne dolent
Jonché de débris et de charmes insolents !

Adam - 12/03/2006

Mireille

Plus beaux que deux saphirs, sont les yeux de Mireille
La beauté de ses yeux déclasse les sept merveilles
Des cils aguichants ornaient les paupières stylées
Partageaient aux sourcils l'amour le plus filé

Le nez en harmonie avec ses lèvres fines
Flirtait tout doucement avec ses joues câlines
Mireille qui nourrissait un merveilleux dessein
Feignait d'ignorer l'insolence de ses seins.

Les créateurs s'épuisent dans les laboratoires
En essayant d'imiter sa chevelure noire
Reposant sur le dos, et glissant sur les fesses
Au rythme des hanches, les charme et les caresse

Jupiter, à ses pieds, vient déposer ses armes
Et Vénus, de jalousie, pleure à chaudes larmes
Les anges venaient du ciel pour admirer Mireille
Amoureux, languissant, j'ai perdu le sommeil

La magie du regard et celui du sourire
Me capturent et me livrent aux enfers du désir
L'eau coule à ma portée, douce, claire et limpide
Et mon coeur assoiffé se balance dans le vide.

Adam - 26/06/2006

Solitude

Le printemps déjà loin a entraîné l'été.
Solitaire, languissant sur la plage désertée,
Le poète regardait les vagues monotones
Effacer l'empreinte des derniers jours d'automne.

Tel un tigre assoiffé souffrant de ses blessures,
Se traînant lentement sous un soleil brûlant,
Et rêvant de gazelles sur les bords des étangs,
Caressait calmement ses douloureuses brûlures.

La fureur inassouvie de son corps dément
Se pâmant de chagrin comme une fleur éclose,
Avide de pollen et du parfum des roses,
S'abreuvait d'illusion, d'espoir et de tourments.

A l'ombre d'un palmier, le poète se lamente,
En l'absence de l'aimée s'énerve et s'impatiente.
Son cour, tant de fois, embelli par les roses,
Languit dans la pénombre sous un ciel morose.

Les larmes amères que cachaient ses yeux verts
Apparurent sur ses joues pour accueillir l'hiver.
Que tes roses, poétesse, se fanent et se meurent,
Si elles n'osent s'épanouir et embaumer son coeur.

Adam - 10/06/2006

Cet ange te ressemble

Mon oil semblait revoir sur le front de la mer
Un doux esprit errant parmi les flots amers
Marchant gracieusement et souriant à peine
Charmant, majestueux, comme une belle reine

Regard voilé d'azur, cheveux en auréole
Moi seul voyais cet ange, entendais sa parole,
Respirais son haleine parcourant le rivage
Le parfum exaltant d'une fleur au corsage

Ses lèvres humides, douces et succulentes
S'offraient à mes lèvres comme celles d'une amante
C'était peut être toi : cet ange te ressemble.
Ton sein brûle, se gonfle, frissonne et tremble

Tes yeux en soulevant tes brunes paupières
Laissent échapper les traits d'une douce lumière,
Sur les eaux dormantes, les rend étincelantes
Et trace dans mes yeux des étoiles filantes

Qui viennent s'abreuver tout au fond de mon coeur.
Mon mal est en ton sein, le mien n'est que douleur.
Dans tes bras, tout mon corps retrouve sa splendeur,
Sans tes yeux, sans tes seins, sans tes lèvres, je meurs.

Adam

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